Terminologie des transstockeurs : définitions, classification et ensembles principaux selon la FEM 9.101
Avant de calculer un transstockeur, de le spécifier dans un appel d’offres ou de rédiger un rapport d’expertise, encore faut-il parler le même langage. La FEM 9.101 établit le vocabulaire de référence trilingue (allemand, anglais, français) pour tous les acteurs du secteur — constructeurs, intégrateurs, exploitants, organismes de contrôle — en définissant précisément chaque terme relatif à la machine, à ses ensembles constitutifs, à ses mouvements, à ses modes de commande et à son alimentation en énergie.
Note de source : FEM 9.101 — Appareils de levage de série : terminologie — Transstockeurs — Définitions — Section IX, Fédération Européenne de la Manutention (FEM), octobre 1997.
Ce que vous allez apprendre
- Quelle est la définition normative d’un transstockeur et ce qui le distingue d’un pont gerbeur
- Comment les transstockeurs sont classifiés selon six critères indépendants
- Quels sont les ensembles principaux de la machine et comment chacun est défini
- Comment fonctionne le dispositif de transfert d’allée en allée
- Quels modes de commande et types d’alimentation sont normalisés
Définition et description du transstockeur
Un transstockeur (Storage and Retrieval Machine — SRM en anglais, Regalbediengerät — RBG en allemand) est un appareil de transport et de levage destiné à desservir — manuellement ou automatiquement — les cases d’un rayonnage d’une installation mécanique de stockage. Les entrées et sorties de marchandises s’effectuent mécaniquement par des moyens de préhension de charge, ou manuellement par une personne.
La caractéristique structurelle essentielle d’un transstockeur est la présence d’une structure de guidage de la charge — typiquement un mât — qui encaisse les moments de flexion générés par le poids excentré de la charge.
Ce qui distingue le transstockeur du pont gerbeur est fondamental : la construction porteuse n’intervient pas pour desservir les cases du rayonnage. L’élévateur se déplace le long du mât sans que le reste de la machine ait besoin de se repositionner.
Les trois mouvements principaux
Un transstockeur peut exécuter trois mouvements principaux, désignés par leurs axes dans le référentiel de l’installation :
Translation (x) : déplacement de l’ensemble de l’appareil parallèlement à l’axe des allées sur le chemin de roulement.
Levage (y) : déplacement vertical du chariot élévateur le long du ou des mâts.
Entrée et sortie (z) : déplacement latéral des moyens de préhension de charge transversalement à l’allée.
Classification des transstockeurs
La FEM 9.101 définit six critères de classification indépendants, qui permettent de caractériser sans ambiguïté tout type de transstockeur.
1. Application de la réaction verticale principale
Exécution suspendue : les réactions verticales s’appliquent sur la partie supérieure — l’appareil est suspendu à une structure haute. Exécution se déplaçant sur les casiers (top-running) : l’appareil roule sur la structure des rayonnages. Exécution se déplaçant au sol (floor-running) : configuration la plus courante, l’appareil roule sur un rail au sol. Forme mixte : les réactions s’appliquent sur la partie centrale.
2. Nombre de mâts
Appareil monomât (un seul mât), appareil bi-mât (deux mâts encadrant l’élévateur, plus rigide pour grandes hauteurs et charges lourdes) et appareil multi-mât (configurations spéciales).
3. Opérateur dans la zone de travail
Fonctionnement avec opérateur (présent sur l’appareil pour les modes manuel ou semi-automatique) ou sans opérateur (commande automatique avec préhension mécanique).
4. Type de travail
Automatique : tous les mouvements x, y, z sont déclenchés par un ordre de départ et réalisés automatiquement. Semi-automatique : un ou plusieurs mouvements déclenchés manuellement, puis exécutés automatiquement. Manuel : une personne commande tous les mouvements.
5. Type d’énergie
Électrique (le plus courant), hydraulique, pneumatique, ou autres formes.
6. Type du mécanisme
Commandé (open loop, boucle ouverte) ou régulé (closed loop, avec asservissement).
Ensembles principaux des transstockeurs
Ossature
L’ossature comprend trois sous-ensembles. Le mât (colonne) est l’élément de structure vertical — en âme pleine, en profilés, en tube ou en treillis — qui guide l’élévateur dans les mouvements de levage et de descente. Le chariot de translation est le châssis auquel est fixé le ou les mâts, équipé des galets de roulement et des éléments nécessaires à la translation. L’élévateur est le châssis mobile circulant le long du ou des mâts, équipé du moyen de préhension de charge.
Mécanisme de translation et unité de levage
Le mécanisme de translation accélère, translate et ralentit le transstockeur en direction x, avec positionnement précis grâce aux commandes ou régulations adaptées. L’unité de levage assure l’élévation et la descente du chariot en direction y ; elle comprend le moteur, le réducteur, l’organe de traction et le mécanisme de sécurité pare-chute.
Moyen de préhension de charge
La FEM 9.101 recense les types normalisés : fourche fixe (déplaçable latéralement), fourche télescopique (le plus répandu en stockage palettisé), fourche rotative, bennes/griffes, tables à rouleaux, crochet, ventouse, électro-aimant et pinces. Ces dispositifs peuvent être à commande manuelle ou motorisée.
Dispositif de transfert
Le dispositif de transfert prend en charge le transstockeur complet et le déplace d’une allée à une autre. Il peut être incorporé dans le transstockeur lui-même ou constituer un dispositif de transport distinct (chariot de transfert suspendu ou mobile au sol). Le changement d’allée peut également être réalisé par un système de courbes et d’aiguillages avec un transstockeur apte à se déplacer en courbe.
Modes de commande
Commande manuelle : depuis le sol par boîte à boutons avec opérateur accompagnant, depuis une cabine sur le sommier de translation, ou depuis une cabine sur l’élévateur. Semi-automatique : un ou plusieurs mouvements déclenchés par l’opérateur, puis exécutés automatiquement. Automatisme : un système de commande autonome reçoit ses instructions d’un ordinateur de gestion des flux, communiquées par infrarouge ou radio (format télégramme). Les sous-ensembles d’automatismes peuvent être embarqués ou en poste fixe.
Alimentation en énergie
L’alimentation électrique du transstockeur peut être assurée par rails conducteurs (le plus courant pour la translation en allée), câble enrouleur (courses courtes), batterie embarquée (appareils autonomes ou dispositifs de transfert), ou d’autres systèmes (inductif, etc.).
Pour aller plus loin :
• Bases de calcul des transstockeurs : structures, charges et stabilité selon la FEM 9.311 — pour le dimensionnement structural en lien avec la classification de la FEM 9.101
• Livret de contrôle des transstockeurs et dispositifs de transfert selon la FEM 9.871 — pour la documentation réglementaire associée à chaque appareil
Référence : FEM 9.101 — Appareils de levage de série : terminologie — Transstockeurs — Définitions — Section IX, Fédération Européenne de la Manutention, octobre 1997
